La Petite danseuse de quatorze ans de DEGAS : quand le réalisme fait scandale.
- Méline CARDINAL

- 13 janv. 2022
- 2 min de lecture
La Petite Danseuse de quatorze ans est une statue en cire ayant été réalisée entre 1875 et 1880 par le sculpteur parisien Edgar DEGAS. Elle représente une jeune fille, les yeux clos, en quatrième position de danse classique, le menton et le buste relevés. La sculpture originale est vêtue d’un bustier en soie, d’un tutu de tulle, de bas et de chaussons de danse. Cette sculpture frappe par son réalisme. En effet, la statue originale était en cire colorée imitant la couleur de la peau et portait même une perruque de cheveux.

La jeune fille qui a servi de modèle à DEGAS se nommait Marie Genevieve VAN GOTHEM et était âgée d’environ quinze ans. Elle a dû poser nue pour le sculpteur, afin qu’il saisisse tous les détails. DEGAS cherchait en effet la modernité et la vérité dans ses œuvres, dont il ne se contentait que très rarement. Le fait d’avoir représenté de façon extrêmement réaliste une jeune fille prépubère, vêtue d’habits de danse, a profondément choqué l’opinion publique lorsqu’il l’a présenté à la 6e exposition impressionniste en 1881.
En effet, en plus de trouver cette statue très « laide », certains y voyaient l’archétype de la « fille facile » qui deviendrait dans le meilleur des cas une femme entretenue, et dans le pire, une prostituée. Tel fut le véritable destin de Marie VAN GOTHEM, qui après une courte carrière à l’Opéra de Paris, s’en trouva renvoyée et dut finalement recourir, avec sa sœur, à la prostitution pour survivre. Après un tel scandale, DEGAS rapporta la statue chez lui, où elle demeura oubliée jusqu’après sa mort.
Cette statue devrait être appréciée à sa juste valeur. Elle montre que la beauté n’est pas toujours dans ce qui est nommé « le beau », elle peut se trouver partout, même dans la laideur. Les réactions hostiles à cette œuvre reflètent la mentalité de la société de la fin du XIXème siècle, société dans laquelle des jeunes filles comme Marie VAN GOTHEM étaient prédestinées à une vie de malheur et de pauvreté, soumises au jugement constant de la société, et à laquelle elles ne pouvaient échapper.
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Auteur : Méline CARDINAL - @iamnotabasshole
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